lepommier. net. "Regard d'artiste sur le vexin"

 
 

 Rouleaux de juillet
Pierre Marcel, août 2002, Acrylique sur toile 
 (81 X 100 cm) peint en extérieur, à Guerny, Juillet-Aout 2002 
Exposition "Regards d'artistes sur le vexin" PNR chateau de Théméricourt, Novembre 2002.
Collection privée, Gisors (Eure)


Carnet de notes:
Réalisée  tout exprès pour célébrer le dynamisme culturel (et surtout  agroculturel-céréalier) de notre cher Parc Naturel Régional du Vexin Français, cette peinture fût présentée à l'exposition annuelle du parc au château de Thémericourt le 26 octobre 2002**. Le sujet de cette manifestation était  "Regards d'artistes sur Le Vexin Français" Je me suis donc appliqué à ce thème.

Voir  d'autres travaux sur le thème de la paille.

"Rouleaux de Juillet" est sans doutes le tableau qui recueille le plus de commentaires de la part des visiteurs. Le dernier en date, celui de l'écrivain chilien Angela Verdejo. (Voir ci dessous)

 

Commentaires:  

L'ecrivaine chilienne Angela Verdejo, auteur de Posté par Angela Verdejo, Evreux le13 mai, 2003

"Jamais un coup de dés n’abolira le hasard"
La Littérature et la Peinture ont ceci de commun, je crois : il s’agit dans les deux cas de l’expression d’un regard particulier qui se projette dans un tourbillon de regards (on appelle ça, l’universalité). De la littérature on peut dire qu’elle est traversée de discours anciens, on tentera, pour l’analyser de manière « savante », de mettre à jour chaque discours littéraire et de voir comment ils s’agencent dans un texte donné. Ceci donnant à celui-là la légitimité (Tiens, ton œuvre me fait penser à celle de…)
De la peinture, on peut dire, sans doute aussi, qu’elle est traversée de « coups de pinceaux anciens » qui sont autant de discours. Dès lors, on pourra être tenté, pour légitimer une œuvre, celle de Pierre Marcel par exemple, de la rapprocher de Magritte ou de Dalí.
Oui, mais cela ne se produirait que dans le cas où je voudrais me rassurer. Me rassurer ? ben oui, le savoir rassure, non ? Davantage en tout cas que mes sensations personnelles qui par ailleurs ont ceci de « politiquement incorrecte » : elles sont sensées n’intéresser personne d’autre que moi !
Mais au fond, si je regarde comme je lis (et que je me moque du « politiquement correcte »), alors je prendrai deux minutes pour regarder une œuvre qui m’aura séduite jusqu’aux os ! Deux minutes de liberté, sans passé rhétorique, sans discours préalables, sans béquille picturale ! Le rêve ! Regarder à partir de moi et en moi un tableau qui m’interpelle et me fascine. Le rêve !

Le rêve : entre Gisors et Saint-Clair-sur-Epte, un premier mai, la route. Jaunes et verts. Champs. Au bout de la route : l’éternel retour. L’éternel retour des saisons. Je pousse la porte, le printemps s’ouvre alors sur des rouleaux de paille. Dorés comme le mois de juillet. Plein été : rouleaux flottant dans un champ. Les arbres, aussi. Un champ vert. Le vertige des rouleaux de paille qui roulent et qui tournent. Comme des roues de la fortune. La roue tourne. La jeunesse roule. Et le regard aussi. À l’infini. Jusqu’au vertige du moi. Là où je me perds. Le regard confronté au hasard de la rencontre picturale, de la symphonie de ma propre vie. C’est l’hiver au Chili, l’été en Normandie. Au hasard des sens. Et au hasard des mots que la peinture vous souffle. La spirale, l’entonnoir. L’éternel recommencement. La vie. La mort. La terre. Partout des champs.

Le hasard a voulu que ce premier mai 2003 je pousse la porte de l’atelier de Pierre Marcel à Saint-Clair-sur-Epte. Je dis, Je pousse la porte, mais dans les faits ce n’est pas ça : la porte était grand ouverte et j’y ai été accueillie sans chichis, comme disait Duras, au milieu des arbres, de rouleaux de paille et de pissenlits en fleur, de pommes et de branches de ciel. Et je m’y suis sentie bien !
Jamais un coup de dés n’abolira le hasard (Stéphane Mallarmé)
Chapeau bas Pierre !

Angela


  •  Suite à notre passage à Thémericourt, à 2 h du matin encore, je me laissais emmener par les "rouleaux de juillet ". Ce jour là, ce tableau m'a fait forte impression, peut être lié à ma fragilité du moment, je ne sais pas mais immédiatement, il m'a apaisée, mais surtout emmenée, par bonheur, sur des sensations oubliées de l'été. L' ivresse du soleil et des effluves dont m'inondée la garrigue desséchée que je parcoure à pieds, quand je me ballade sur des rivages méditerranéens, entre ciel et mer  en surplomb par de là la montagne. Voilà que je me suis souvenue aussi de la forte odeur de la paille fraîchement coupée, de la régularité des sillons à nu, cette partie de tige drue qui reste enracinée dans la terre craquée. A l'infini la répétition des moissons et des marées. Tu vois,  je me laisse encore porter !!!  Et merci d'avoir peint cette peinture. Corinne.        
  • Mon amie Marie Roure, fidèle soutien de mon travail, et auteur du site Bluema.comTu vois, il avait beau dire Hector Olback, ce que décrit Corinne ci-dessus,  donne même sans voir la toile sous les yeux une sensation de lumière, de chaleur, et  de morceaux de réalité "révélés" par ta peinture de promenades d'été dans le sud de la France... IL A TORT. J'en suis convaincue et je le lui dirais volontiers!  
    La difference est que cette réalité est " plurielle" ce qui est encore mieux...
    Moi, ce champ aux rouleaux  m'a transportée en Pologne (en 92), un été passe loin d'ici, en pleine campagne. les femmes fauchaient, me rappelant mon enfance...Les tas n'étaient pas des rouleaux, mais la sensation profonde était la même, de blés fauches à perte de vue, avec le chant des femmes, et leurs cris aigus pour s'appeler à travers champs...De sillons blonds faits par les charrues, de senteurs mélangées de grains en épis, et d'herbe séchant au soleil, de calme...
    A toi cela te rappelle sans doute cet été, assis dans le vent tiède de juillet, pour peindre à Guerny, enfin tranquille...


    Cette pluralité n'est-elle pas bien plus intéressante et bien plus difficile à obtenir en peinture que de faire capter la couleur brute de la matière?
    Voila ce que tu devrais répondre ( de ma part!) à Olback.

    Marie (Bluema.com)

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**Le tableau n'a finalement pas été bien apprécié par les édiles du parc, aux vestons pourtant bien crottés. Le premier prix fût décerné à une oeuvre assez jolie d'ailleurs mais surtout résolument non-figurative, ce qui m'agace profondément.  Mon observation se renforce que l'Art en France est avant tout un instrument de signalétique sociale.

C'est d'ailleurs tout le sens de mon tableau "les cochons"

(auto commentaire de Pierre Marcel)

Voir les travaux sur le thème de la paille.

 

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